Vivier
laboratoire d’expérimentations visuelles aux Ateliers du vent en nov 2024
crédit photo Candice Hazouard




Vivier est un laboratoire d'expérimentation qui confronte des moments de recherche collective à la pratique artistique individuelle. C'est la conduite d’une problématique de création de fond soulevée par un ou deux artistes. Une occasion de renouveler les approches par de nouvelles entrées où il devient possible d’expérimenter de nouveaux processus de création qui vacillent entre incertitudes et potentialités.
— Être(s) à l’écoute
Visiblement, voir semble être moins sensible que le fait d’entendre et pourtant le visible semble toujours primer sur les autres sens. Au-delà de l’aspect sensoriel, l’écoute est plurielle, qu’elle soit amicale ou environnementale, de proximité ou lointaine, elle évoque autant notre manière de cerner l’environnement qui nous entoure que notre capacité d’empathie ou d’observation. Nombre sont les choses qu’on ne peut entendre et qui dépassent littéralement le spectre de l’audible. Une opportunité pour prendre du recul sur nos manières de percevoir au travers du fait de prêter l’oreille. « L’écoute est peut-être l’activité la plus discrète qui soit. C’est à peine une activité : une passivité, dit-on, une manière d’être affecté qui semble vouée à passer inaperçue. Quelqu’un qui écoute, ça ne s’entend pas. » nous dit Peter Svendy. De quoi l’écoute est-elle le nom quand il s’agit d’élargir le spectre ou d’utiliser des outils et des méthodes qui augmenteraient cette expérience ? Observer par l’écoute permet-il de comprendre, au-delà de ce que l’on connaît, comme l’aura proposé Pauline Oliveros avec ses Deep Listenings ? Qu’est-on alors en mesure d’entendre en dehors de ce qui nous concerne ? Y a t-il par là des biais indirects, des postures d’attention à d’autres ontologies qui nous permettraient de faire place à d’autres voies(x) ?
— Artistes participant·es :
— Camille Riquier (installation, scénographie)
— Cécile Cayrel (théâtre, littérature)
— Morvandiau et Varvara Pomidor (bande dessinée, dessin)
— Candice Hazouard et Estelle Ribeyre (photographie, documentaire, cinéma)
— Mehdi Hivert (marche sonore, explorations)
— Anna Holveck (voix, arts plastiques et sonores)
— Mitch Fournial et Vincent Raude (paysage sonore)
C’est à partir de cette proposition que les 2 artistes Mehdi Hivert, plasticien sonore et Camille Riquier, plasticienne et scénographe ont créé une installation plastique et sonore commune.
Le public était invité à pénétrer dans un espace 1 par 1. A l’intérieur, chaque personne s’assoit face à une série de lampes chauffantes issues d’exploitations animales. L’espace saturé de fumée, est plongé dans la lumière rouge des lampes et la température monte. Une bande sonore est diffusé »e en boucle. Il s’agit d’une fiction narrée par une voix.
« C’est une distorsion, un flou entre ce qui est entendu et ce qui est perçu. Un vertige. Une mise en suspension. Les sons deviennent des touches floues dans un tableau mouvant, des traces qui s’effacent avant d’être lues. L’oreille n’est plus un récepteur. Elle est un amplificateur de vide. Le silence qui fait le bruit, l’invisible qui se déploie. Tout s'effondre dans cette écoute. L’écoute élargie est un entre-deux, une vibration, un mouvement ininterrompu. »








Création d'une installation praticable par le public.
Réalisation d'une performance en public en duo avec le plasticien sonore Vincent Raude. Durant 20 min, le public choisi une position physique confortable et se laisse plonger dans un bain de lumière organique rose et orangé en perpétuel mouvement. Le dispositif quadriphonique diffuse en direct le son produit par Vincent Raude.
Vivier
laboratoire d’expérimentations visuelles aux Ateliers du vent en nov 2022
crédit photo Camille Riquier